Archive pour la catégorie ‘La moralité’

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Explication empirique et exigence transcendantale

24 novembre 2008

Pour le 1er décembre, lire ces textes extraits de la Critique de la raison pratique de Kant (déjà distribués à ceux qui étaient présents le 24 novembre).

Critique de la raison pratique

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L’environnement de l’adaptation évolutive (Environment of Evolutionary Adaptedness – EEA)

19 novembre 2008

L’expression Environment of Evolutionary Adaptedness est due à Tooby et Cosmides (dans The past explains the present: Emotional adaptations and the structure of ancestral environments, 1990). Elle désigne un concept devenu commun dans la théorie évolutionniste : le milieu dans lequel aurait évolué la lignée dont les hommes actuels sont issus. En d’autres termes, l’EEA est le cadre géographique et temporel (recouvrant une partie de la période géologique appelée Pleistocène, entre 1,8 million d’années et -11 000 ans) pendant lequel nos aptitudes (et notamment nos déterminations psychologiques) se seraient développées et auraient été naturellement sélectionnées.

Il n’est pas inutile de comparer cette échelle de temps avec celle, un peu plus familière, de l’hominisation. L’EEA recouvre la période où vivaient, d’après l’état actuel des recherches (et d’après mes sources, cf. ci-dessous), les générations d’individus suivantes (NB: certaines espèces coexistent, certaines s’éteignent, elles ne sont pas toutes les ancêtres les unes des autres):

  • homo erectus (-1,8 million d’années -> -40 000 ans) : utilisent non seulement des outils comme leurs ancêtres homo habilis, mais construisent déjà des abris et des bateaux
  • homo neanderthalensis : ont homo erectus pour ancêtres mais ne sont pas nos ancêtres,  appartiennent donc à une autre lignée qui s’est éteinte (-250 000 ans -> – 30 000 ans) ; utilisent aussi des outils, des armes, enterrent peut-être leurs morts
  • homo sapiens (à partir de -400 000 ans -> aujourd’hui) : les théories actuelles font remonter à cette période, relativement récente, les migrations de nos ancêtres depuis l’Afrique jusqu’aux autres continents. Depuis plus de 50 000 ans : développement des arts, des croyances surnaturelles (cf. Grotte Chauvet : – 30 000 ans; Grotte de Lascaux : – 17 000 ans)

La période prise en compte sous le concept d’EEA s’arrête donc avant ce qu’on appelle souvent la “révolution néolithique“, c’est-à-dire le moment, vers – 9000 ans, où la pratique de la pierre polie (et non seulement taillée) se généralise, où homo sapiens sapiens se sédentarise, domestique les bêtes, maîtrise l’agriculture, etc. C’est le passage de ce qui est appelé “préhistoire” à ce qui est appelé “protohistoire”.

Le principal intérêt de la psychologie évolutionniste est son pari, tout à fait contre-intuitif pour des lecteurs de sciences humaines, de pouvoir expliquer nos comportements et nos pensées les plus ordinaires à partir de causes héritées génétiquement depuis la préhistoire. Nous en reparlerons en cours lundi 24 novembre.

Sources: Le cerveau à tous les niveaux! et surtout : WORKMAN & READER, La psychologie évolutionniste, une introduction, De Boek, 2007.

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Vous trouverez ici un document de quatre pages présentant les âges géologiques.

Et là, l’article Wikipédia, également sur les temps géologiques, avec des tableaux et des schémas bien utiles.

J’en extrais cette image, où vous pouvez répérer la période du Pleistocène, qui est effectivement une partie du quaternaire :

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Robert Wright & Daniel Dennett

12 novembre 2008

Pour le lundi 17 novembre: poursuivre (ou, pour certains, commencer…) vos recherches sur l’approche évolutionniste de la morale.

Si vous comprenez l’anglais, et si vous avez facilement accès à Internet, je vous recommande cette vidéo, où le journaliste Robert Wright, spécialiste de ce sujet, s’entretient avec le philosophe Daniel Dennett : Being good without God.

Version complète de l’interview: Wright/Dennett

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Darwin

5 novembre 2008

Pour le 10 novembre, il n’y aura finalement pas de texte déterminé à lire. Je vous demande de trouver des articles par vous-même (en bibliothèque ou sur Internet): au moins un texte par personne, concernant la théorie darwinienne de la sélection naturelle et en particulier ses implications concernant la moralité.

Attention ! Ce n’est pas facultatif. Bon travail.

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Erasme et Luther : “libre” ou “serf” arbitre ?

23 octobre 2008

Pour le 3 novembre, travailler ces textes d’Erasme et de Luther : Luther

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L’humanisme stoïcien

9 octobre 2008

Pour le lundi 13 octobre, travailler ces textes de Cicéron et Marc-Aurèle : stoicisme1

Le but est de pouvoir exposer la représentation de l’homme que les philosophes stoïciens ont proposée, mais également de faire apparaître des nuances entre la pensée de Cicéron et celle de Marc-Aurèle.

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Genèse et Epître de Paul aux Romains

22 septembre 2008

Télécharger les textes ici: genese-et-epitre-de-paul1

Les extraits de la Genèse sont à comparer pour le lundi 29 septembre.

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La moralité – maîtrise ou expression de la part animale de l’homme?

17 septembre 2008

Cette question présuppose que l’humanité serait une espèce animale irréductible à toute autre, parce qu’elle disposerait du pouvoir de maîtriser sa propre animalité, comme si chaque individu était composé d’au moins deux parts: une part spécifiquement humaine et une part animale, la première étant supposée capable de dominer la seconde et de la conformer, au moins partiellement, à sa propre volonté. Les sources philosophiques et religieuses de cette représentation de l’humanité, développée par notre culture depuis au moins deux millénaires, appartiennent à la fois au platonisme, à l’aristotélisme, au stoïcisme, au judaïsme, au christianisme et à leurs multiples confluents.

Selon cette représentation, être moral consiste à être capable d’un autre comportement que celui des bêtes : par exemple ne pas faire passer la satisfaction de son propre intérêt avant toute chose, mais être capable d’agir en se laissant déterminer par un sentiment de pitié, ou par une cause d’ordre intellectuel comme l’idée même de vertu ou l’idée d’humanité (conçue comme une valeur universelle, et non pas seulement comme une classe d’individus biologiquement apparentés). L’homme ne serait alors moral que parce qu’il serait l’animal capable de ne pas rester un simple animal : la rupture avec l’animalité serait à la fois la condition et la tâche de la moralité.

Si ce modèle ne cesse d’être approfondi depuis la Renaissance pour atteindre une forme d’aboutissement à la fin de la période des Lumières avec la mise en œuvre des constitutions politiques républicaines, on trouve des pensées qui mettent en question sa pertinence dès le XVIème siècle et toujours davantage ensuite : le scepticisme de Montaigne, l’augustinisme de Port-Royal, la critique marxiste des Droits de l’homme, le nihilisme dénoncé et partiellement revendiqué par Nietzsche, l’exploration de la pensée inconsciente par la psychanalyse, l’interprétation heideggerienne de la technique, etc. Ces penseurs ont fait subir à l’humanisme une crise à la fois extrêmement féconde et déstabilisatrice. Celui-ci n’en continue pas moins d’irriguer les lois fondamentales de nos sociétés et de l’ensemble du monde. On trouve par exemple une manifestation directe de l’humanisme européen dans le premier article de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ».

Cependant, même si le modèle humaniste s’est construit en réaction et, en un sens, grâce aux remises en cause qu’il avait à affronter, on peut se demander si la phase dans laquelle il est entré actuellement ne risque pas de lui être fatal. En effet, les théories qui le contestent aujourd’hui ont un pouvoir de conviction beaucoup plus fort, parce qu’elles adoptent une méthode scientifique, fondée sur l’observation : la représentation de l’homme issue des travaux de Darwin, des biologistes et des généticiens contemporains met en évidence non seulement la continuité paléontologique de l’espèce humaine avec les autres espèces, mais la ressemblance entre les comportements humains et ceux des autres animaux, jusques et y compris dans leurs actions que nous décririons comme « morales ». Non seulement d’autres espèces que la nôtre manifestent des comportements comparables à nos attitudes supposément désintéressées, mais nos propres actions peuvent être interprétées comme étant déterminées de façon inconsciente par nos gènes. Dans ces conditions, ce ne serait plus la maîtrise de la part animale, mais l’animalité elle-même qui nous conduirait à agir moralement.

Comment une telle représentation continuiste peut-elle coexister avec les prescriptions juridiques et morales héritées de la tradition humaniste ? Si le caractère « moral » de nos actions, est inconsciemment déterminé, ne serait-ce qu’en partie, par nos gènes, faut-il en conclure que la moralité n’est qu’une illusion ? Y a-t-il encore un sens à agir en fonction de certaines représentations conscientes ?

Nous étudierons d’abord quelques textes majeurs de la tradition humaniste, de façon à synthétiser ce qu’on pourrait appeler la position rationaliste en morale, selon laquelle l’action bonne est le résultat d’un effet de la raison sur la volonté. Nous exposerons la théorie actuellement défendue par la psychologie évolutionniste relativement à la moralité. La question directrice de ce cours sera : quelle idée de l’homme pouvons-nous et devons-nous aujourd’hui promouvoir ?

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Références

  • Kant, Immanuel, Métaphysique des mœurs, tome I, Fondation, traduction d’Alain Renaut, GF-Flammarion.
  • Kant, Immanuel, Anthropologie d’un point de vue pragmatique, traduction d’Alain Renaut, GF-Flammarion.
  • Nietzsche, Friedrich, « Pour une généalogie de la morale », Œuvres, Flammarion.
  • Wright, Robert, L’animal moral : Psychologie évolutionniste et vie quotidienne, Gallimard coll. Folio.

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